L’ère du marketing digital !

L’explosion des réseaux sociaux, la déferlante des technologies mobiles qui permettent entre autres aux smartphones d’interagir en temps réel avec l’environnement marchand que ce soit par exemple pour payer notre stationnement, afficher les cartes des restaurants à proximité, nous alerter sur les « promotions » de telle ou telle enseigne voisine… oblige l’entreprise à repenser ses stratégies marketing. Les marques peuvent-elles en effet faire abstraction d’Internet, qui compte 2 milliards d’internautes, prévoit quelques 60 milliards de tweets cette année, des blogs et des pages Facebook par millions, dont le rôle de « prescripteur » n’est plus à démontrer. La logique marketing s’inverse. Le consommateur n’est plus assujetti à la communication de la marque, il l’oriente. L’heure est à une relation fondée sur l’échange, l’influence.

Le client décide de son acte d’achat. « Ses comportements, ses usages doivent faire partie de la réflexion de l’entreprise numérique »1 . Les consommateurs interagissent entre eux. Ils contribuent même à définir les caractéristiques des produits et services dont ils seraient demandeurs. La réalité augmentée, qui permet de superposer une image virtuelle 3D à une image réelle, contribue à faire grimper les courbes statistiques du e-commerce.

Sur le web, se côtoient information et désinformation. Le client ne veut pas rester spectateur passif de ce combat de « gladiateurs numériques ». Les outils de communication accessibles à tous, les réseaux sociaux, lui donnent les moyens d’user d’un pouvoir d’influence considérablement renforcé.

Aujourd’hui, quand le marketing devient digital, l’entreprise doit aussi repenser sa stratégie numérique. Produits et services sont surveillés. Elle doit se doter en amont de moyens d’analyse et de contrôle rigoureux. De plus, désormais impliqués et participatifs, les clients peuvent également devenir coproducteurs (crowdsourcing), le Web 2.0 offrant des passerelles interactives consommateur-entreprise.

La vocation du marketing digital est de s’appuyer sur une meilleure compréhension des besoins et attentes des consommateurs. Si les consommateurs investissent les réseaux sociaux, ceux-ci deviennent aussi des terres de prédilections pour permettre aux marques de rencontrer, écouter, échanger avec leurs clients. Les maitres mots deviennent « transparence » et « confiance »

« …Nos entreprises doivent devenir des maisons de verre, avec tout ce que cela comporte comme opportunités de collaboration et de partage mais aussi tous les risques correspondants… ».
Maurice Levy – Président Groupe Publicis, colloque CIGREF
BNF Paris le 16 décembre 2011

Alors que La Tribune annonçait récemment que près de deux tiers des Très Petites Entreprises n’ont pas de site internet et un tiers n’utiliseraient pas la messagerie électronique, Maurice Levy, interviewé sur Euope1 le 23 février, confirme « qu’il  croit au numérique ». Il évoque ainsi la création par le Groupe Publicis d’une agence numérique pour les PME et les TPE. A la question : « N’est-ce pas surprenant, un acte gratuit ? ». Il répond : « Ce n’est pas un acte gratuit, c’est un acte risqué. Je prends un risque d’entrepreneur en créant cette entreprise. J’espère qu’au bout du bout nous gagnerons et des parts de marché, et à terme, de l’argent. Je pars du principe qu’avec ces outils nous pouvons aider ces entreprises à grandir, à se développer, à conquérir des parts de marché, à vendre à l’international, donc se développer et créer des emplois ».

L’entreprise, pour rester dans la course au sein de l’univers numérique, doit non seulement faire preuve d’agilité et d’une grande faculté d’adaptation à ce nouveau monde, aux nouveaux outils et supports de communication, mais elle doit aussi faire face à un clivage générationnel. Les stratégies marketing d’hier freinent, voire s’opposent à celles de demain.

Ce n’est pas nouveau, l’innovation et le changement rencontrent naturellement des résistances, des doutes, voire des « certitudes », à l’image de ces propos que l’on prête à Charles H. Duell, délégué aux brevets Américains en 1899 : « Tout ce qui peut être inventé a été inventé » ! Ou encore à quelqu’un que l’on ne peut pourtant soupçonner d’immobilisme : Bill Gates, fondateur de Microsoft, aurait déclaré en 1981 : « 640 Ko est suffisant pour tout le monde » !

1 L’entreprise numérique, Bruno Menard, Collection CIGREF

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Un commentaire
  1. Mégane

    En effet, une réflexion s’impose au sein des entreprises à la fois pour leur stratégie marketing mais plus globalement pour toute la stratégie. Et on peut ajouter qu’il n’y a pas de temps à perdre. Chargée de stratégie de communication au sein d’une entreprise ni grande ni petite… ce n’est pas si simple de faire évoluer les mentalités ! Rien que pour créer une page Facebook, ce fut la croix et la bannière et je ne dis pas pour le clic sur le bouton like !

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